L’apport pour décrocher un crédit immobilier bat des records !

L’apport personnel moyen exigé par les banques continue de flamber. En l’espace d’un an, il a augmenté de 12,3 %, ce qui complique l’accès des ménages français au crédit immobilier.

Un apport record pour acheter un bien immobilier

L’apport moyen réclamé par les banques ne cesse d’exploser. Dans son dernier rapport trimestriel publié le 17 janvier 2023, l’observatoire CSA/Crédit logement a souligné qu’il a atteint un niveau historiquement record. En effet, à la fin de l’année 2022, l’apport des emprunteurs a bondi de 12,3 % par rapport à son montant en 2021. À l’époque, il avait déjà augmenté de 13,2 %. De plus en plus de ménages peinent ainsi à obtenir un prêt pour financer leur projet.

Pour aller encore plus loin, le niveau de l’apport moyen demandé aux particuliers au dernier trimestre 2022 dépasse de 43,5 % son niveau au dernier trimestre 2019. Pour rappel, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi attractifs qu’en 2019. Mais depuis, la hausse des taux appliqués sur les crédits ainsi qu’un taux d’usure relativement bas mettent les emprunteurs à rude épreuve. De 2019 à 2022, un supplément d’apport correspondant à 7 mois de revenus est nécessaire pour qu’un particulier gagnant un salaire inférieur à 3 Smic puisse emprunter. Cela représente un mois de salaire et demi pour ceux qui perçoivent l’équivalent de 5 Smic et plus.

L’épargne pour se constituer un apport

L’observatoire CSA/Crédit logement n’a apporté aucune précision quant au montant de l’apport moyen pour financer l’achat d’un bien immobilier par un crédit. En revanche, le courtier Cafpi a estimé qu’il dépassait les 60 000 euros pour les primo-accédants, soit une augmentation de 20 % en l’espace d’une année.

Cette tendance haussière s’applique aussi à d’autres profils comme les investisseurs ou les secundo-accédants. Elle peut s’expliquer par une rapide remontée des taux d’intérêt. Pour se constituer un apport et convaincre les établissements bancaires d’accepter leur demande de financement, les emprunteurs doivent ainsi puiser dans leur épargne.

L’autre explication est que les Français disposent d’une épargne ayant atteint des niveaux records lors de la pandémie. D’après la Banque de France, le surplus d’épargne s’élèverait à 142 milliards d’euros pendant la période allant de mars 2020 à octobre 2021. En toute logique, les banques demandent un apport plus conséquent en 2022.

Crédit immobilier : un avenir qui s’annonce difficile pour les emprunteurs

Les prochains mois s’annoncent mal pour les particuliers qui envisagent d’accéder à la propriété. En effet, il y a de fortes chances que les taux de crédit continuent de flamber. Selon les estimations du courtier VousFinancer, le taux moyen pour un prêt d’une durée minimale de 20 ans pourrait passer à 4 % à la fin de l’année 2023. Il en résulte une diminution considérable de la capacité de remboursement des ménages. À cette situation contraignante s’ajoute l’obligation de monter un dossier avec un apport personnel plus conséquent.

La bonne nouvelle est que la Banque de France a annoncé une révision mensuelle du taux d’usure jusqu’au 1er juillet 2023. Cette mesure exceptionnelle devrait fluidifier le marché du crédit immobilier et permettre aux banques d’accepter plus de dossiers.